Poems by Paul Eluard


Air Vif

J'ai regarde devant moi
Dans la foule je t'ai vue
Parmi les bles je t'ai vue
Sous un arbre je t'ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l'eau et du feu


L'ete l'hiver je t'ai vue
Dans ma maison je t'ai vue
Entre mes bras je t'ai vue
Dans mes reves je t'ai vue

Je ne te quitterai plus.


La terre est bleue...

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus chanter
Au tour des baisers de s抏ntendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d抋lliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels v阾ements d抜ndulgence
la croire toute nue.
Les gu阷es fleurissent vert
L抋ube se passe autour du cou
Un collier de fen阾res
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beaut.


JE TE L扐I DIT

Je te l抋i dit pour les nuages
Je te l抋i dit pour l抋rbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains famili鑢es
Pour l挏il qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fen阾re ouverte pour un front d閏ouvert
Je te l抋i dit pour tes pens閑s pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.


Libert

Sur mes cahiers d'閏olier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'閏ris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'閏ris ton nom

Sur les images dor閑s
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'閏ris ton nom

Sur la jungle et le d閟ert
Sur les nids sur les gen阾s
Sur l'閏ho de mon enfance
J'閏ris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journ閑s
Sur les saisons fianc閑s
J'閏ris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'閠ang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'閏ris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'閏ris ton nom

Sur chaque bouff閑 d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne d閙ente
J'閏ris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie 閜aisse et fade
J'閏ris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les l鑦res attentives
Bien au-dessus du silence
J'閏ris ton nom

Sur mes refuges d閠ruits
Sur mes phares 閏roul閟
Sur les murs de mon ennui
J'閏ris ton nom

Sur l'absence sans d閟irs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'閏ris ton nom

Sur la sant revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'閏ris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis n pour te conna顃re
Pour te nommer

Libert.

1942


Le Miroir d'un moment

Il dissipe le jour,
Il montre aux hommes les images d閘i閑s de l'apparence,
Il enl鑦e aux hommes la possibilit de se distraire.
Il est dur comme la pierre,
La pierre informe,
La pierre du mouvement et de la vue,
Et son 閏lat est tel que toutes les armures, tous les masques en sont fauss閟.
Ce que la main a pris d閐aigne m阭e de prendre la forme de la main,
Ce qui a 閠 compris n'existe plus,
L'oiseau s'est confondu avec le vent,
Le ciel avec sa v閞it,
L'homme avec sa r閍lit.


La Courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon c渦r,
Un rond de danse et de douceur,
Aur閛le du temps, berceau nocturne et s鹯,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai v閏u
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de ros閑,
Roseaux du vent, sourires parfum閟,
Ailes couvrant le monde de lumi鑢e,
Bateaux charg閟 du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums 閏los d'une couv閑 d'aurores
Qui g顃 toujours sur la paille des astres,
Comme le jour d閜end de l'innocence
Le monde entier d閜end de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.


L'AMOUREUSE

Elle est debout sur mes paupi鑢es
Et ses cheveux vent dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses r陃es en pleine lumi鑢e
Font s'関aporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien dire.


SANS 翯E

Nous approchons
Dans les for阾s
Prenez la rue du matin
Montez les marches de la brume
Nous approchons
La terre en a le c渦r crisp
Encore un jour mettre au monde.

Le ciel s掗largira
Nous en avions assez
D抙abiter dans les ruines du sommeil
Dans l抩mbre basse du repos
De la fatigue de l抋bandon


ET UN SOURIRE

La nuit n抏st jamais compl鑤e
Il y a toujours puisque je le dis
Puis que je l抋ffirme
Au bout du chagrin une fen阾re ouverte
Une fen阾re 閏lair閑
Il y a toujours un r陃e qui veille
D閟ir combler faim satisfaire
Un c渦r g閚閞eux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie se partager


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